filet à provisions avec oranges
Écologie et Société

« Zéro déchet » : méfions-nous

Le zéro déchet, on en entend beaucoup parler et Emma est moi y contribuons également, notamment dans cet article. En effet, privilégier des solutions durables, réutilisables à l’infini (et plus !) pour moins jeter fait non seulement du bien à la planète, mais aussi au porte-monnaie. Surtout dans un monde où la surconsommation règne. 

Seulement voilà, si l’action est noble et part d’un bon sentiment, l’appellation « zéro déchet » s’est généralisée et les marques s’en sont emparées comme d’un argument marketing… pour vous faire acheter plus. Et c’est là que le serpent se mord la queue (et que je m’agace !).

Le début de la fin

Parce que oui, je vous le dis, ça m’énerve !! Voir des kits « zéro déchet » remplis de trucs inutiles me fait lever les yeux au ciel. Je vous explique. Il y a quelques temps, je flânais dans les rayons « couture » d’une librairie quand mes yeux tombèrent sur un livre intégrant le mot « zéro déchet » dans son titre. Curieuse mais pas folle, je feuillette prudemment le livre en me demandant quelles pépites d’ingéniosité anti-gaspi je pourrais y trouver. J’ai vite déchanté. En plus des traditionnels cotons démaquillants (bon point), voilà-t’y-pas que le livre intègre des objets tels qu’un étui range brosse à dents ou un porte-savon. Et là je dis NON !! – oui, imaginez-moi en train de m’énerver toute seule dans le rayon… la folie me guette les amis.

Alors je vous arrête, je n’ai pas dit que ces objets étaient inutiles ou nuls, j’en ai d’ailleurs déjà réalisé quelques-uns. Par contre ils sont complètement à l’opposé de l’anti-gaspi : si on veut vraiment être zéro déchet, ne vaudrait-il mieux pas simplement glisser sa brosse à dents dans sa trousse de toilette au lieu de coudre un accessoire – et créer des chutes de tissu, fil… qui en résulteront forcément ? Idem pour le porte-savon de voyage. Un bocal en verre que l’on récupère (astuce piquée à Emma, merci-bisous !) permet de ne pas créer de déchets et d’avoir une solution de transport pour… gratuit ! Alors je vous l’accorde, ce n’est pas aussi pratique/joli MAIS c’est vraiment zéro déchet et ça se recycle plus facilement.
Et je peux vous dire qu’en tant que couture-addict, ça n’est pas tellement dans mon intérêt de dire ça, mais je pense qu’il faut savoir être clairvoyant.e parfois, même si ça fait mal (ouais, carrément).

Vous voyez où je veux en venir ?

Nous avons tous pris du recul sur la façon dont nous consommons et vivons notre vie au quotidien d’un point de vue éthique/écologique/durable (rayez la mention inutile). Comme nous sommes de plus en plus sensibles et sensibilisés, le sujet prend de l’ampleur et les marques l’ont bien compris. Elles ont tout intérêt à intégrer ces préoccupations à leurs objectifs pour pouvoir continuer à intéresser le consommateur, faire des ventes et, au passage, rafler une part du gâteau de ce nouveau secteur de consommation. 

Résultat, on se retrouve submergé.e.s par les mentions « zéro déchet » qui fleurissent çà et là et on commence à se mélanger les pinceaux. Et c’est NORMAL, je ne vous juge pas ! On veut tellement bien faire que ces arguments marketing agissent comme des aimants sur nous et on a tendance à se dire que, sous prétexte que c’est zéro déchet, on en aura une utilité. 
Ça, mesdames et messieurs, c’est tout le travail subtil du marketing. Emma et moi pourrions vous parler des heures des techniques de conversion et autres joyeusetés faites pour nous convaincre puisque nous avons fait des études là-dedans. Mais je vous rassure, ce n’est pas parce qu’on sait qu’on en est à l’abri (le mal est partouuuuuuuut !!! – ça y est, je suis folle).

 

Mais alors, on fait comment ?

Déjà, on respire et on se dit qu’on reste humains. C’est le travail des marques de jouer sur nos cordes sensibles pour nous faire acheter tout et n’importe quoi. Cela arrive à tout le monde de craquer pour un produit et, quelques temps après, de se demander pourquoi, ô grands dieux pourquoi, on l’avait acheté (si, si je vous vois). 

À mon avis, avant d’opter pour un produit prétendu « zéro-déchet », on peut se poser ces trois questions :

  • Cet objet est-il une solution de remplacement durable pour un objet jetable ?
  • Cet objet est-il facilement recyclable une fois sa durée de vie écoulée ?
  • Mais surtout : en ai-je besoin ?


Si vous répondez non à au moins une de ces questions, vous savez que cet achat ne rentre pas dans la catégorie du « zéro déchet » pour vous (oui parce que pour la dernière question, on est sur du subjectif). Vous pouvez alors décider en toute conscience et l’acheter, ou pas.

La note positive

Parce que tout n’est jamais noir ou blanc, la mode du « zéro déchet » a cependant quelques bons côtés (et non, je ne suis pas une meuf aigrie).

Tout d’abord, elle nous incite à réfléchir davantage sur notre consommation, notre impact en termes de déchets. Elle nous donne envie de fabriquer avec ce que l’on a sous la main, de recycler, de produire des objets durables dans le temps et les matériaux. 

Elle aura aussi permis de rendre plus facilement disponibles des solutions réutilisables, et ce à tous les prix. De plus en plus de marques s’y mettant, la loi de la concurrence les oblige à diversifier l’offre en termes de prix, d’écoresponsabilité… Chacun peut y trouver son compte en fonction de son budget et un plus grand nombre de personnes est touché. Il n’y a qu’à regarder l’évolution des gourdes en alu ou verre : leur utilisation a explosé en quelques années, ce qui revient à moins de bouteilles en plastique (à condition -bien sûr- d’utiliser l’eau du robinet).

Enfin, gros point « bonus », le « zéro déchet » à toutes les sauces rend les marques plus responsables vis-à-vis de leurs consommateurs. On est d’accord, pas toutes, mais celles qui s’engagent vraiment doivent fournir des efforts car elles savent que leurs consommateurs attendent d’elles des engagements et des actions visibles et quantifiables. Et rien que ça, c’est un gros pas en avant.

Bref…

Tout ça pour vous dire qu’il vaut toujours mieux prendre du recul sur toutes choses et essayer au maximum de se poser les bonnes questions car même sous les honnêtes initiatives se cachent parfois de mauvaises raisons. Mais n’oubliez pas non plus que nul n’est infaillible et que chacun.e fait à son rythme, comme il.elle peut et que faire un petit peu, c’est déjà faire beaucoup !

Cœur sur vous !


Vous en voulez encore ?

Passez voir nos tutos VRAIMENT zéro déchet comme :

  • le sac à vrac pour aller faire vos courses, en utilisant de vieux draps, chemises… 
  • les carrés démaquillants lavables pour réduire votre consommation de cotons. Là aussi, on vous encourage à faire de la récup’ avec de vieux tissus et serviettes en nid d’abeille. Vos chutes de tissu de couture pourront aussi très bien faire l’affaire !

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